Galerie ARTkos

 Exposition du 17 juillet – 20 septembre 2015

N. CIRINO C. GONNET L. SABATTE
X. DAMBRINE J. LEGRAND K. SOUHLAL
FAZ M. LIMOUSIN R. XIAO FAN

 

Nathalie CIRINO

Nathalie Cirino vit et travaille à Romorantin-Lanthenay.

« Le véritable voyage est celui que fait l’homme à l’intérieur de lui-même. 

Mon parcours artistique résulte de voyages, de rencontres, d’une réflexion   personnelle, d’une introspection et d’une communication avec la matière.

Mon travail est quête de vérité, d’harmonie et de paix, expression d’une force, d’un équilibre, d’une adéquation avec la nature.  

Les formes épurées révèlent la force de la matière. A la fois organiques et animales, futuristes et architecturales, elles font le lien entre le primitif et le contemporain; modernes et intemporelles à la fois.

Ma recherche de pureté est la volonté d’aller à l’essentiel, à l’universel, un message de poésie et de sagesse. »

Emergence Voyage III
Matériau : calcaire, bois de cèdre, marbre
Dimensions: 72.5 x 52 x 21 cm
Matériau : calcaire
Dimensions: 32 x 45 x 16.5 cm
Oiseau de la paix Nomade II
Matériau: calcaire
Dimensions: 14 x 26 x 10 cm
Matériau: marbre de Nicoya (Costa Rica)
Dimensions: 24 x 40 x 20 cm
Equilibre I Taureau-éléphant
Matériau : basalte, galets et cocobolo, (Costa Rica)
Dimensions: 13 x 25 x 17 cm
Matériau: calcaire (Hongrie)
Dimensions : 34 x 46 x 14.5 cm

Xavier DAMBRINE

Xavier Dambrine vit et travaille à Paris.

Ses sculptures sont toutes à la gloire de l'homme : seul être pouvant embrasser le monde dans sa totalité et l'incarner en miniature.

Le Marcheur met en exergue la dimension expansive de l'humain.
Expression de son infinie capacité d'identification, limite poreuse de son corps, sa peau l'ouvre à l'univers entier ; elle le laisse s'absorber dans l'ensemble du cosmos. Mais cette absorption n'est pas une dissolution : comme Xavier Dambrine le donne à voir dans son Homme vortex, elle provoque une résorption de l'universel dans l'humain, un ajustement du cosmos à la figure humaine.

Remarquons qu'au centre de ce vortex avalant toute chose, il y du vide. Car l'être qui incarne le monde est vide d'ego, privé d'égoïsme. En cela, il se distingue des hommes d'aujourd'hui, enivrés par leurs puissantes techniques, touchant à tout pour l'assujettir à leurs ego dérisoires.

Non, l'Homme vortex ressemble plutôt à ces chamanes que Pierre Clastres décrit dans son essai sur La Chefferie primitive : sans user de leur force, ils exerçaient leur magistère grâce à une autorité morale garantie par leur absolu désintéressement - dont leur pauvreté matérielle était gage - mais aussi à la faveur de leur pouvoir d'accorder le cosmos à l'humain.

Dessin original sur papier
58 x 78 cm
Dessin original sur papier
58 x 78 cm
Sculpture bois
130 x 30 cm
Sculpture bois
130 x 30 cm

FAZ
 

Faz travaille à Paris.

Ses sculptures gestuelles, réalisées d'abord au fil chaud dans le polystyrène, portent la trace d'une danse par laquelle elle mime les mouvements de la nature.

Certaines révèlent avec une étonnante clarté que, dans son secteur inorganique, la nature se meut de façon ondulatoire, répétitive, par saccades.

Pourtant toutes ces réitérations ne sont pas en tout point identiques, puisqu'elles ont chacune leurs détails propres, qui les rendent discernables de toutes les autres. Elles sont donc toutes pareilles - si on veut - mais « pareilles autrement » : eadem sed aliter.

Tout se passe donc comme si la nature, même dans ses régions inanimées les plus monotones, manifestait une inépuisable énergie créatrice, novatrice : sous le couvert d'une universelle répétition, l'œil décèle des points de singularité, qui ne sont et ne seront jamais identiques à d'autres.

Cette création continue qui nous environne, Faz le capte dans ses sculptures, mieux que nos yeux ne peuvent le faire dans la nature, puisque, en en fixant l'empreinte dans la pâte inaltérable du polystyrène, elle la présente, immobilisée, à notre réflexion : à une pensée qui dispose d'un temps plus long pour la méditer.

Yin et Yang

Haiku, organique

Boîte en plexi, polystyrène
53 x 53 x 10 cm
Boîte en plexi, polystyrène,
Pigment nacré, 55 x 35 x 10 cm
Vague creuse

Diptyque

Vague pleine

Résine pigments noirs Résine- pigments or,
2 x (50 x 50 x 9,3 cm)
Résine pigments noirs

Christophe GONNET
 

Christophe Gonnet est surtout connu pour ses vastes et somptueuses installations in situ à travers lesquelles il tente d'établir des rencontres entre l'homme et la nature.

En hissant ses œuvres à une échelle monumentale, Christophe Gonnet génère comme des aires sacrées, des espaces propices à la rencontre de ces deux grandes entités que tant de divergences opposent.

En effet, quand l'humain se tourne résolument vers l'esprit de géométrie, la nature s'absorbe dans l'esprit de finesse ; quand l'un aime l'abstraction, l'autre abonde en ornements et circonvolutions ; quand l'homme aime la ligne droite, la nature la hait. Autant l'homme essaie d'ordonner les choses de l'extérieur, en s'en abstrayant, autant la nature génère ses formes en les travaillant de l'intérieur, par empathie ; autant l'homme aime l'espace, autant la nature aime la matière.

En invitant par toute une série de protocoles subtils, dont il a le secret, la nature à occuper un espace aménagé par la main humaine, Christophe Gonnet sait la faire parler et se dévoiler. C'est qu'avant d'y installer ses projets, il sait écouter l'esprit des lieux : c'est de ce dernier, autant que de l'esprit de l'artiste, que naissent de ses installations.

Œuvres graphiques sur papier,  28 x 28 cm  

Julie LEGRAND
 

Julie Legrand vit et travaille à Paris.

Son art greffe le verre sur des supports divers, allant des artefacts qui peuplent notre quotidien jusqu'aux objets produits par la nature elle-même (terre, pierre, souches de bois).

Ses hyper-structures cristallines prolongent sans hiatus les élans enclos dans leurs supports de base. C'est comme si elles en exprimaient l'âme, le souffle intérieur. Et c'est bien ce souffle qui gonfle les ballons de verre que Julie Legrand étire ensuite en leur donnant parfois l'apparence d'un texte chiffré - un texte qu'elle imprègne parfois de la coloration intérieure des objets dont elle déploie dans un espace tridimensionnel l'intériorité.

Notons que ces « âmes de verre », frêles et délicates, constituent un trait d'union entre le monde naturel et le monde des objets industriels que la technique moderne développe en réseaux autour de nous.

Et c'est en cela que l'art de Julie Legrand présente un aspect panthéiste et prophétique tout à la fois, puisqu'elle chante l'unité psychique d'une natura nova future : d'un nature dans laquelle les objets techniques actuels entrent en un état d'endosmose avec la nature des origines, d'un univers que nous serons certainement amenés à habiter demain.

Au printemps

Vers le ciel

Pierre germée

Pierre et verre soufflé vert Pierre et verre filé transparent Pierre ponce et verre filé violet

Marc LIMOUSIN

Marc Limousin vit et travaille à Annecy.

Les axes de réflexion et de proposition de Marc Limousin s’articulent autour de la place de l’Homme dans son temps et son environnement ; son action responsable, son devenir.

Il a la volonté de révéler de nouvelles perceptions du réel, de l’espace et du temps qu’il considère comme autant d’invitations à élargir son propre champ de vision.

Venus à la coquille
Encre sur carton, 43 x 43 cm

Lionel SABATTE
 

Lionel Sabatté est né à Toulouse et travaille en ce moment au Pré Saint-Gervais.

Son œuvre prend appui sur des supports divers : peinture, dessins, sculptures.

Ces dernières se déploient dans l'intervalle qui sépare le réel de l'imaginaire, le banal de l'idéal.

Ainsi leur caractère réaliste s'efface à mesure que l'on s'en rapproche et que l'on remarque toute une foule d'invraisemblances : corps trop effilés, postures inhabituelles, déformations anatomiques.

Parfois les animaux figurés se métamorphosent sous nos yeux quand on arrive dans leur proximité : les loups trapus se transforment en félines graciles, les chevaux en licornes.

Cette déréalisation est soutenue par un effet de dématérialisation, d'allègement : les loups sont composés de moutons de poussière, pesant le poids d'une plume, les boucs en brins de thé, qu'on imagine flottant sur l'eau.

L'aspect paradoxal des sculptures de Lionel Sabatté est partout : il est dans la pauvreté des matériaux, pour la plupart des déchets, qui acquièrent néanmoins un prix par la lenteur de leur acquisition ; certaines de ses sculptures sont faites de petites pièces de monnaie, amassés parcimonieusement, d'autres de rognures d'ongles accumulées patiemment.

Devant le spectacle de telles œuvres une réflexion sur le temps s'engage inévitablement : un temps créateur qui sublime les formes et anoblit les matériaux.

Techniques mixtes sur papier
21 x 30 cm

Peinture au ciment Bouc en thé
30 x 21 cm Sculpture en bois de thé

Keen SOUHLAL
 

D’origine française et Kabyle l’artiste vit et travaille à Paris (France).

Keen Souhlal a un parcours atypique. Après des études à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts à Paris (ENSBA), elle s’expatrie en Islande, au Groenland puis au Québec et complète sa formation par un CAP en marqueterie à l’Ecole Boulle.

Son travail se construit autour de pratiques multiples telles que la sculpture, la céramique, le gaufrage, le dessin et la photographie.

Le travail de Keen Souhlal nait d’une relation profonde à la nature ; une relation à la fois sensible, philosophique et spirituelle.

Marches dans la forêt, voyages aux confins des océans, collaboration avec des scientifiques, des bucherons ou des artisans jalonnent sa quête de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux.

Keen Souhlal restreint volontairement ses interventions à des gestes infimes et délicats dont la portée ne réside pas tant dans le fait de transformer la matière brute qu’à exprimer ces multiples propriétés.

Silent noise 2013 - bois et plaquage diam 40 cm

Ru XIAO FAN

Xiaofan Ru est né en Chine. Il arrive en France en 1983 et s'établit à Paris.

Son oeuvre semble être une apothéose de l'art floral : les fleurs apparaissent de manière obsessionnelle dans presque tout son travail. Mais il faut savoir regarder derrière cette beauté toute florale.

Certaines de ses pièces ont un caractère anthropomorphe : elles accouplent l'homme à la fleur, comme dans ces peintures représentant des hommes aux têtes en forme de bouquets. L'humain est en effet apparié au floral comme le masculin au féminin - le caractère sexuel de la fleur se complétant avec le caractère ithyphallique du torse masculin.

Mais derrière cet aspect érotique de l'art de Xiaofan Ru se cache aussi une critique de la société de consommation, de son allure festive, bariolée, hédoniste et inconsistante : ces hommes-bouquets ont une présence au monde aussi joyeuse, hétéroclite et éphémère que celle des fleurs multicolores auxquelles ils s'identifient. Une identification en partie due à la magie qu'exercent sur l'homme les fleurs elles-mêmes, à leur caractère captieux et pervers. Notre artiste a en effet encore en mémoire la Campagne des Cent fleurs de 1957, que le président Mao avait lancée en faveur de la liberté d'expression et qui s'est soldé par la déportation et l'exécution des centaines de milliers d'intellectuels ayant osé y croire.

Fleur, céramique Fleur, céramique émaillé Fleur, céramique émaillé